La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


mercredi 12 juillet 2017

The King of the Grill

Ta daaaaaam ! La saison des grillades est ouverte !

Oui, par chez nous elle est même ouverte depuis février... 
Et si je me souviens bien la dernière saison s’est achevée en novembre. Début novembre. Quand même.
Il faut dire que je vis avec the King of the Grill, et c’est pas rien. Donc, pour vous résumer tout ça,  mon Nommamoi est un triple génie : (ingénieur en) génie civil & génie ferroviaire et c’est un génie du barbecue.

Quand il est amorphe, affalé sur son canapé télécommande à la main après une dure journée de génie civil & ferroviaire, il suffit que j’émette l’idée d’une viande grésillant sur le feu pour que des étincelles de vie brillent dans ses yeux, que son cerveau soit à nouveau irrigué et que son être tout entier s’anime. 

Ah ben oui, on pourrait faire une grillade ! 

Comme si c’était l’idée du siècle, celle dont personne n’avait pensé jusqu'à présent, une invention qui allait améliorer le cours de l’existence de chacun peuplant ce monde,  apporter enfin cette paix tant attendue ! La réponse à tous nos problèmes, quoi.

Une grillade ! Mais bien sûr qu’on va faire une grillade ! 
J’vais vite au mag acheter d’la viande !

Une grillade au gaz ? Non, une grillade au charbon ! Sur le feu, comme dans l’temps ! C’est meilleur ! Bien meilleur !

Une grillade... what else ?
...une grillade pour fêter dignement la fin des exams de Fiston 1er, une grillade pour fêter la fin du stage de Fiston 1er, une grillade pour fêter le début des vacances, une grillade quand je me pose l’éternelle question à portée d'ouïe de mon Nommamoi (et avec un vocabulaire qui l'intéresse, car si je parle déco il ne capte pas)
Mais qu’est-ce que je vais faire à manger ?
...une grillade pour dimanche midi, une grillade pour un bon résultat scolaire,  une grillade quand le soleil brille, une grillade quand il pleut 
Mais oui pas de problème on la fait à l’abri ! 
Une grillade quand il y a de la viande en action au supermarché, une grillade en vacances, une grillade quand on a des invités, une grillade...
 J'en peux plus des grillades, moi !

J’ai réussi quelque chose : j’ai encore pu éviter la grillade au réveil.
Il pense grillade, il vit grillade, il ne se sépare pas de sa sempiternelle pince à grillade à manche en bois. C’est tout juste s’il ne dort pas avec, prêt à l’action !
S’il aura transmis un de ces savoir-faire à ces gars, c’est comment être après lui The King of The grill. Et ça marche. Mes Fistons aussi ont de l’intérêt à la chose.

L’autre jour, on partait pour la gare, à pieds. Il faisait chaud. Très chaud. On passait à côté de vaches, ruminant dans un champ, au soleil. Vous savez ce que mon Nommamoi a lancé, comme ça, sans crier gare (la gare était pas encore en vue... alors forcément) :
J’aime les vaches se dorant au soleil, ça sent la grillade !
Bref, ça devient une idée fixe. Tel Obélix avec ses sangliers.. vous voyez quoi.

C’est avec amour qu’il tartine sa viande de moutarde, qu’il la saupoudre de condiments divers, l’imaginant déjà cuite comme il se doit et fondant dans sa bouche...
Quand je prépare les mets accompagnant sa viande (de vache, de veau, d’agneau, de cheval, de porc, de poulet... tous ces morts sur la conscience...): le p’tit beurre aux herbes, la salade, les pommes de terre et tutti quanti,  et que j’essaie de lui glisser quelques légumes à griller, c’est pas ce qu’il préfère. Déjà qu’il a à contrôler d'un oeil et d'un odorat experts la cuisson de la bidoche -oups, pardon, de la viande- s’il doit encore surveiller les légumes... c’est pas de la tarte. Il le fait. Mais bon, ça lui met une pression monstre : et si la cuisson de la viande était ratée à cause de cela ? Bref, il est quelque peu crispé et tendu, la joie est un peu ternie, quoi.
Mais il oublie une chose, mon Nommamoi, c’est  qu’il est The King of The Grill ! La cuisson de la viande est toujours parfaite  !

Quand il revient victorieux et rayonnant du supermarché, c’est toujours, oui toujours, quand il est tombé sur de bonnes actions /liquidations de viande avant le weekend ou des jours fériés. Il exalte, il saute de joie ! Sa pince à grillade frétille entre ses doigts ! Compter 100-150 g de viande par personne ? Vous voulez rire ? Il en faut plus, quand même !

C’est ainsi que la semaine passée, the King of the Grill est passé à l’action pour 3 repas. On est début juillet, et j’en peux déjà plus. Toute cette viande me sort par les trous de nez.
Mais il en faut si peu pour qu’il soit heureux ! Je vous promets que la même intensité de joie se lit sur son visage et dans son corps tout entier à chaque grillade, même quotidienne !
C'est beau de le voir partager cette joie avec les autres, avec nos convives, et sa famille,  et ça marche, avec nos Zommes surtout... Il sert cette viande avec tellement d'amour... (pour la viande ?!?)

Quand je ne sais plus quoi lui offrir pour son anniversaire ou son Noël, c’est clair que sans hésiter je lui achète un bon cadeau chez le boucher. Et ce cadeau-joker pour mon Nommamoi est connu dans la famille. Beaucoup l’utilise.

Cette fois, y en a marre. Le congélateur est plein de viande. Mais moi j’en veux plus. J’essaie par tous les moyens d’espacer l’action du King of The Grill.
Mais ça a des conséquences : le voilà à nouveau éteint, après sa journée de boulot, devant sa TV allumée. Je sais comment lui insuffler un souffle de vie et le faire cliquer sur le bouton off de la TV...  quand je ne supporterai plus je le ramènerai à la vie. 
Une grillade et ça repart !
  
Bref, tout ça pour dire que, très tôt dans sa vie, il a probablement intégré cette pub : 
La viande suisse... tout le reste n’est que garniture !

Je vous souhaite à tous un bel été, des vacances reposantes et des grillades légendaires !

PS : J’ai déjà écrit sur ce sujet,  voyez ici il y a quelques années,  et pour tout dire, l'effet du mot "resto" sur mon Nommamoi est le même que du mot "grillade", voyez ici. 
PS 2 : j'aimerais bien que mon Nommamoi fasse un stage d'une semaine à l'abattoir, pour un peu le calmer face à cette passion... qui serait dispo à lui montrer d'où vient la viande ? Merci !

Le p'tit mot spi 
Le premier verset qui m'est venu à l'esprit en écrivant c'est celui-ci : 
Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent. Romains 12 : 15

Une grillade, pour changer le monde ? Haha !
Seule UNE chose peut changer le monde, si chacun en ce monde mais en pratique non-stop et sans s'en écarter THE plus grand commandement : 

« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même .» Luc 10:27

Impossible ? Oui, nous sommes bien faibles, mais : 

Nous avons un grand-prêtre puissant qui est arrivé jusqu’à Dieu : c’est Jésus, le Fils de Dieu. Alors gardons solidement ce que nous croyons. Le grand-prêtre que nous avons est capable de souffrir avec nous de nos faiblesses. En effet, comme nous, il a été tenté en toutes choses, mais lui n’a pas péché. Approchons-nous donc avec confiance du Dieu puissant qui nous aime. Près de lui, nous recevrons le pardon, nous trouverons son amour, et ainsi, il nous aidera au bon moment. Hébreux 4:14-16  (version PDV)

vendredi 7 juillet 2017

Piqûre de rappel.

Voilà, l'année scolaire est pratiquement terminée pour tout le monde. Sur Instagram, sur les réseaux sociaux, voilà que fleurissent depuis quelques jours des photos d'ados heureux libérés enfin de l'école obligatoire, de photos de jeunes gens/filles rayonnants d'avoir enfin leur certificat/diplôme en poche. 
Libéréééééés, délivréééééééééés, chantent-ils tous en coeur !
Et c'est aussi la haute saison des mariages... Des mariages en veux-tu en-voilà. Sur les mêmes réseaux sociaux. Tout est souriant et tellement joli. Photos en général partagées par... les mamans, parfois les papas. Fièrement. Joyeusement. Mais partage teinté, oui, teinté fortement parfois, de nostalgie... 
Où sont passés nos petiots ? Mais où sont-ils donc ? C'était hier pourtant... 
Pour moi aussi. J'ai Fiston 1er qui est armé d'un CFC (certificat fédéral de capacité) maintenant. Mais il a trouvé encore un super truc pour me vieillir encore plus rapidement : il s'est fiancé !  A 19 ans 6 mois ! 
Ohhh ohhhhh, pas si viiiiiiiiite !!! Ne me brusque pas, stp !!!
C'est génial, j'en suis heureuse ! Ma future belle-fille est parfaitement choisie. Je l'aime déjà. Le seul hic, et pas des moindres, je risque plus que fortement d'être affublée du terme pas forcément très joli de "belle-mère" dans les toutes prochaines années. Trois modifications à faire je trouve pour enjoliver ce mot : pas de trait d'union, le belle en deuxième position, et transformer le mère en maman, ça donne  "maman belle". 
Ohhhhh, ça c'était quand ils étaient petits qu'ils m'appelaient comme ça... 
mais muter de "maman belle" à "belle-mère", même s'il y a eu 15 ans de transition (en passant par "maman", "mams", puis "ma mère", puis "ma mère est chiante"),  c'est violent quand même. 

Deux semaines auparavant, j'ai eu mon anniversaire. Et franchement ça fait bizarre, à présent mon âge penche dangereusement vers la cinquantaine. Cinquante ans, c'était vieux pour moi, il n'y a pas si longtemps ! 
C'est bizarre, plus j'avance, plus je trouve cet âge jeune ! 
Mais pourtant je n'ai pas changé dans ma tête, j'ai 30 ans, grand maximum. Parfois j'ai l'impression d'être encore une ado, quand ce bouton apparait sur mon visage, quand je dis une ânerie pas réfléchie, quand je fais la "bécasse", quand je pleure pour rien, quand encore et toujours, je refais les mêmes erreurs, quand j'ai de la peine à m'accepter telle que je suis, quand je suis toute intimidée devant quelqu'un (là, j'ai 10 ans en fait). 
Bref, où est passée ma jeunesse ? Où sont passées ces années ? Je suis tellement heureuse que mes petiots grandissent, c'est passionnant de les voir mûrir, de les voir faire des choix, de les voir devenir sages, ou pas... Comme déjà souvent dit : regarder des séries est inutile, en tant que parents d'ados on les vit en vrai. En 4D. 
Nostalgie. 
Le temps passe. Maintenant, il faut que je commence à accepter d'être affublée du terme "belle-mère", puis l'étape suivante sera "grand-mère". Me sens pas mûre. J'ai 30 ans. 
Voilà les réflexions que je me faisais ces derniers jours en voyant toutes les photos partagées de nos Zenfants grandissants : la vie n'est rien, tellement rien du tout. On se croit maître de nos vies, on se croit important. 
Mais le temps avance, inexorablement. 
Puis il y a quelques jours, un drame. Un vrai drame. Un ami proche est décédé de mort accidentelle. Laissant ma chère amie seule avec 3 ados qui nous sont tellement chers eux aussi. 
Mais POURQUOI ? Déjà que la vie est si courte ?  Pourquoi un drame pareil ? Pourquoi Dieu permet-il cela ? Nous sommes dans les larmes depuis. Des litres entiers de larmes. 
Mais on est bizarrement en Paix. On pleure, on est tellement triste. Mais étrangement en Paix.
La mort, -le vide béant qu'elle laisse-, est tellement laide, hideuse et pas... humaine. 
Mais Dieu est là. On le sait, on le sent. 

Nous avons vécu un culte incroyable ce dimanche. Encouragés par ce que notre cher ami, membre très impliqué de notre assemblée évangélique, a dit quelques jours avant sa mort (il était impatient d'aller vers son Dieu !), par le message préparé quelques jours avant l'accident et qui nous parle avec les bons mots et nous console (notre Père dans le Ciel avait tout préparé !), tellement encouragés par les témoignages des uns et des autres sur notre cher ami, par la présence courageuse de la famille au culte ce matin-là (je vous aime !),... Bref, culte fait de partages, de pleurs, de prière et de douce musique,... Et par toutes ces embrassades, nous helvètes un peu froids d'habitude, qui nous serrons tous dans les bras, en larmes, montrant nos sentiments. Du jamais vu ! Nous pleurons tous, jeunes, vieux, plus de différence. Unité. Quel amour. Oui, même dans la souffrance, il peut y avoir quelque chose de beau. Dieu est là. Il nous comble de sa Présence, de son Amour. Il console, Il porte. 
Ce sera dur, très dur pour cette famille... mais nous essayerons de les soutenir au mieux, avec nos maladresses inévitables (pardonnez-nous déjà !), pour un tout petit peu apaiser leur peine. 
Oui, on peut tout perdre. Tout. 
Mais reste l'Amour.

En effet, j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.     
Romains 8 : 38-39

Soyons reconnaissants pour chaque jour de vie qui nous est donné. C'est cadeau, nous ne le méritons pas, oh non. Mais préparons-nous aussi à quitter cette terre. Mettons-nous en ordre avec Dieu. Demandons-lui pardon, pardon de lui refuser l'accès à notre coeur, de vouloir rester maître de nos vies... Si nous l'acceptons, il nous accueillera. Après. Et notre ami l'avait fait. Quelle consolation de savoir qu'on le reverra. Assurément. Mais, s'il vous plait, que cette mort ne soit pas inutile, j'en suis sûre que ça aurait été le plus cher désir de notre ami,  qu'elle nous fasse réfléchir sur la brièveté et la vanité de nos vies. 
Oui, je prends de l'âge, comme vous tous. 

Mais nos vies s'arrêterons peut-être demain. Soyons prêts ! Qui sait ?

Le p'tit mot spi
Une promesse... la vie éternelle :

Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Jean 3 : 16


Une nouvelle vie, une nouvelle espérance, déjà ici, sur cette terre, malgré les difficultés : 
Conformément à sa grande bonté, il nous a fait naître de nouveau à travers la résurrection de Jésus-Christ pour une espérance vivante, pour un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se souiller, ni perdre son éclat. Il vous est réservé dans le ciel, à vous qui êtes gardés par la puissance de Dieu, au moyen de la foi, pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps. 

C'est ce qui fait votre joie, même si maintenant, puisqu'il le faut, vous êtes pour un peu de temps attristés par diverses épreuves. Ainsi, la valeur éprouvée de votre foi – beaucoup plus précieuse que l'or, qui est périssable et que l’on soumet pourtant à l’épreuve du feu – aura pour résultat la louange, la gloire et l'honneur lorsque Jésus-Christ apparaîtra. Vous l'aimez sans l'avoir vu, vous croyez en lui sans le voir encore et vous vous réjouissez d'une joie indescriptible et glorieuse parce que vous obtenez le salut de votre âme pour prix de votre foi. 1 Pierre 1 : 3-9


Nous disparaissons rapidement, mais seule la parole de Dieu subsiste à jamais :  
Toute créature est comme l'herbe, et toute sa gloire comme la fleur des champs. L'herbe sèche et la fleur tombe, mais la parole du Seigneur subsiste éternellement. Cette parole est justement celle qui vous a été annoncée par l'Evangile. 1 Pierre 1 : 24-25

Tu aimerais en savoir plus ? Lis la Bible,  en commençant par les Evangiles, et demande à Dieu de t'ouvrir les yeux sur la réalité de son Amour pour toi !

samedi 10 juin 2017

Mon Nommamoi n'a rien vu.

Voilà une de ces journées où j'ai particulièrement travaillé dans et pour mon Home si sweet Home. Quand j'y pense je m'impressionne moi-même, et me tapote l'épaule gauche de ma main droite pour me féliciter. Ben ouais .

Je vais vous faire un petit compte-rendu de ce que j'ai fait. Par pour ma gloriole mais pour en avoir une trace dans l'avenir quand j'ai des doutes concernant mon utilité...

Après m'être levée et avoir fait les choses habituelles genre troquer mon pyjama contre des habits qui ne vont pas choquer le facteur, me laver la frimousse et prendre mon p'tit café, sans oublier mon p'tit moment lecture biblique & prière.... mais ce matin-là, beaucoup de peine à me concentrer... mes idées avaient tendance à vagabonder sur mon... programme. Après ce petit moment pas très spirituel, j'ai fini de préparer mon blabla que j'avais à faire pour le culte de dimanche, ce qui m'a pris deux heures. Puis je me suis toute de même accordée quelques minutes à lire le journal avant de préparer le repas de midi. Pour une fois, 4 à table ! Ou plutôt 3, vu que Fiston 2e arrive 45 minutes après, quand nous avons terminé de manger et il bidouillera dans son assiette seul.
Bonnnnn... là, si franchement toutes mes activités du jour ne vous branche pas, vous pouvez directement sauter à l'*. Imaginez juste que j'ai fait plein de trucs supra tops. 

Puis j'ai sauté dans notre voiture pour amener Manana 2e chez Monfrère de la campagne (en fait, j'ai deux frères dans la campagne) là où elle est allé aider quelques heures pour plier le linge de toute la famille. 

Sur le chemin du retour, voyant des sureaux en fleurs, je n'ai pu me retenir de cueillir quelques ombelles pour faire du sirop,  puis n'ai pu résisté de me "cadoter" d'un bouquet de fleurs des champs pour égayer mon Home si sweet Home. Sous l'orage détrempé.

Arrivée à la maison, j'ai préparé mon mélange sucre-fleurs de sureau-acide citrique pour le sirop, qui doit reposer deux jours. C'est toujours un délice, et mes Zados en raffolent. Surtout Fiston 2e.

Pleuvant encore, j'ai profité de nettoyer la vitre encrassée de notre poêle et l'ai vidé de ses cendres . 

Le soleil est revenu. 

J'ai commencé à nettoyer mes fenêtres, voilà des mois qu'on n'y voyait plus à travers.... puis j'ai vite enfilé un vieux short déchiré et un t-shirt tous les deux pleins de peinture (qui choqueront tout le monde et pas seulement le facteur), pour aller planter mon bébé "sureau noir", acheté la veille, à l'arrière du jardin. Il m'a fallu tirer de toutes mes forces pour déraciner l'arbre précédent, quasi mort : déterré d'un coup, j'ai été aspergée de terre des pieds à la tête. J'aime être en symbiose avec la nature ! Puis j'ai dû me battre avec acharnement, pleine de sueur, avec  la terre dure pour agrandir le trou et y planter mon arbrisseau adoré. Que j'ai bichonné caressé humé : 
- "Petit arbre, fais-moi plein de fleurs pour pouvoir faire plein de sureau de sirop (euh, le contraire) l'année prochaine"
Oui le soleil commençait à me taper sur le crâne. Et j'avais soif.

J'étais donc en train de causer avec mon nouveau-né, vêtue comme décrit plus haut, mes pieds dans mes crocs à travers lesquels plein de terre s'était glissée, de la terre dans les cheveux et partout ailleurs... et  c'est à ce moment précis que mon frérot, sapé comme un directeur de multinationale américaine, jeans et ceinture classes, chaussures en cuir vernies et pointues, propre comme un sou neuf, est arrivé dans le fond de mon jardin, accompagné de Manana 2e qui avait fini son boulot, elle. Ils venaient de sortir de son Audi noir classe et sportive, son outil de travail.

Effarée par le contraste entre nous deux (lui habitant un village fermier et moi une petite ville, chercher l'erreur), j'ai été touchée qu'il se soit abaissé à me parler. Puis après avoir blablater un moment, à oser me faire la bise sur une joue terreuse, collante et plus vieille que la sienne, juste avant de remonter dans son bolide noir du boulot au moteur tout-puissant. 
Quelle humilité.  Mon frérot est incroyable. 

Puis, requinquée par cette bise, j'ai encore réussi à faire un cake avant le retour de mon Nommamoi. Et en plus à préparer une soupe maison qui, aurais-je voulu pouvoir dire, a fait la joie de toute la maisonnée ! Comme d'hab, ils auraient préféré une grillade. C'est une idée fixe chez les mâles de la maison dès que le soleil brille. Cela sera un autre sujet de post. Moi, j'étais fière de ma soupe. J'ai dit, toute motivée, que chez ma grand-mère, quand j'étais petite, on mangeait ça. Fiston 2e n'a pas trouver fabuleux mon essai de pub pour ma soupe. 
PUB : Retournez comme dans l'temps, sans wifi, sans internet, et sans smartphone, et mangez des soupes bios préparées par une maman en sueur et pleine de terre !

*Bref... à l'arrivée de mon Nommamoi je m'empresse à lui faire la liste de tout ce que j'ai fait dans ma journée. Il faut dire qu'il bosse tellement pour moi, pour nos Zenfants, que j'aimerais pas qu'il croie que je ne fais rien à la maison. Oui je sais mon orgueil y est probablement pour quelque chose. 
Mais j'aimerais qu'il sache qu'il m'arrive tout de même d'être une bonne femme... de ménage. 

Mais à ce moment-là, il y a une chose que je me retiens de lui dire, car je trouve, perso, que ça se voit, clair comme mon nez au milieu de ma figure. Il est assis sur le canapé et juste à 2 mètres à sa droite trône fièrement notre poêle, rutilant de propreté. Ça en jette, car c'est rare !

Je lui demande, joueuse-testeuse : "Alors tu as vu ce qui a changé ?" 

Le pauvre, je le sens stressé tout à coup. Et j'imagine ce qui se trame dans son esprit....et son coeur qui bat plus vite : Je dois trouver ce que ma femme a fait, suis obligé, sinon aïe aïe aïe !  
Il faut dire que mon Nommamoi n'est pas supra observateur. Parfois cela peut être franchement pratique, surtout quand j'ai dépensé un peu trop en déco. Mais souvent, c'est un truc qui m'irrite. Nouveau vêtement, nouvelle coupe, ... niet. Alors oui, là, je voulais voir s'il avait progressé. Ben en tout cas, pour le moment, il tourne la tête dans tous les sens et dit :
 - Non, franchement, non, quoi ? Cette déco ? Mais non, ça y était déjà ?! Alors, ça ? Euh, non ! Mais j'sais pas, qu'il me dit tout-doux. 

Bon, allez, en bonne joueuse je lui lance : 
- Regarde à ta droite (à part le poêle il n'y a pas grand chose) !
Mais ça n'aide pas. 
Il est en hypertension, sûre. Bon, allez, je retourne dans ma cuisine, faire ce qu'il y a à faire, pour que sa pression baisse, en n'oubliant pas de lui lancer en partant : 
- Je ne vais pas te dire, quand même, j'ai bossé tout l'après-midi, trouve !... 
Mais le voilà déjà concentré sur son match de tennis, là, sur l'écran, en face de lui. A sa droite, le poêle me fait une grimace, l'air de dire : c'est pas gagné. Je suis assez d'accord avec lui. Soupir.
Mon Nommamoi a l'air crevé, une de ces journées de fou après une semaine folle de boulot. Et lui qui croyait pouvoir se décontracter dans son Home si pas sweet Home.

Dans mes casseroles, j'en oublie presque ma question. Mais une heure plus tard, je vois Manana 2e qui passe, et je nargue mon Nommamoi : 
- Je vais testé si Manana 2e trouve plus vite que toi ! Ok ? (oh, mais ce que je peux être terrible !)

Pas le temps de l'appeler, mon Nommamoi se réveille de sa torpeur, tourne la tête à droite, et me lance, victorieux et plein d'assurance :
- Là, le poêle, tout propre ! Tu l'as nettoyé !
Il en danserait presque. Même qu'il aime pas ça.
Yessss ! Mon Nommamoi est heureux d'avoir réussi, sa pression est tout à fait normale à présent, ça se voit, ça se sent... J'essaie de retenir le fait qu'il a trouvé, et pas la lenteur de l'arrivée de la bonne réponse. 
Voilà. 
Ah, mince, j'ai oublié de le féliciter comme il se doit, avec des bravos, des holas et une bonne grillade pour fêter ça. Femme indigne. 

Le p'tit mot spi :
il y a un verset qui me remet un peu à l'ordre. Bon, juste pour spécifier, je ne suis pas l'esclave de mon Nommamoi. Je me sens parfois l'esclave de mes Zenfants, il est vrai. Mais pas de mon Nommamoi. 

Esclaves, obéissez en tout à vos maîtres terrestres, et pas seulement sous leurs yeux, comme le feraient des êtres désireux de plaire aux hommes, mais avec sincérité de cœur, dans la crainte de Dieu. Tout ce que vous faites, faites-le de tout votre cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur un héritage pour récompense. 
                                                                    Colossiens 3 : 22-24

Oui, je sais, ce qui compte, c'est de faire le mieux que je peux, même si personne ne le voit. 
Ce qui compte, c'est de faire tout pour Dieu. Lui, le voit, sûre. Tout. Il sait même mes intentions du coeur, pourquoi je le fais. Et c'est ça le plus important. Par amour pour ma famille ? Pour qu'on me trouve extraordinaire ? Le poêle Il sait que j'ai dû gratter. Avec mon arbre que j'ai sué. Et avec mes fenêtres que j'ai crié quand de grosses larves me tombèrent presque dessus. Mais il sait aussi que ça n'as pas été un après-midi si plein de sacrifices pour moi. J'avais la pêche. J'ai eu du plaisir à brûler plein de calories de cette façon.

Mais un p'tit merci, un p'tit regard d'admiration de ma famillamoi me feraient du bien de temps en temps. Mais moi, moi, est-ce que je trouve normal tout ce que bosse mon Nommamoi pour notre famille ? Est-ce que je lui dis assez merci, est-ce que j'ai souvent ce regard d'admiration envers lui ? Non. A ma honte, non.
 Lui, je ne peux le changer. Mais moi, je peux me changer. Avec l'aide de Dieu.

Manana 1ère m'a offert ce panneau en anglais il y a quelques années, où il est dit :
Personne ne voit ce que je fais, sauf quand je ne le fais pas.

Oui, si j'arrêtais tout, il y aurait probablement une réaction. Mais pas celle que j'aimerais ;-) ! 
Et pis j'ai pas envie d'arrêter tout, moi, en fait !